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L’Inde de l’intérieur
Prendre un thé. S'asseoir sur le premier trottoir venu, le déguster lentement. Attendre, observer, passer le temps. Ils viendront tôt ou tard et vous parleront car, comme eux, vous vivez la rue. Vous la sentez, vous en apprenez les théâtres, les petites et grandes histoires, le sens des déplacements, les bruits, les chants et les silences, les menaces, les rencontres, les conflits, les errances et la misère, souvent. Très souvent ils viendront faire connaissance. Ils vous adopteront. Alors vous les suivrez parce qu'ils vous protègent et qu'ils apprennent, à leur manière, à vous aimer. Ils aimeront aussi les photographies que vous aurez retenues de leur belle et dure existence, de leur passage dans ce monde difficile mais chaleureux. Par immersion complète, vous aurez l'impression d'avoir bien fait votre travail et vous en rendrez compte modestement. J'ai donc vu l'Inde de l'intérieur, non pas de l'intérieur des villes ou des campagnes. De l'intérieur des êtres.