Les fruits amers de la partition

Thamali >>> Rawalpindi >>> New Delhi P our retrouver les témoins encore vivants de cette partition, je me suis rendue au Pendjab, des deux côtés de la frontière indo-pakistanaise. Côté indien pour retrouver des hindous et des sikhs ayant fui d’ouest en est. Côté pakistanais pour retrouver des musulmans ayant fui en sens inverse. À l’automne 2022, j’ai parcouru l’Inde plusieurs mois. De New Delhi, j’ai rejoint la frontière à Fazilka au Pendjab. De là, je me suis dirigée vers le Nord en longeant la frontière jusqu’à Amritsar, avant de revenir vers New Delhi en passant par Yamunanagar. En octobre 2023 et février 2024, je me suis rendue au Pakistan. De Lahore, je suis allée à Islamabad, puis à Multan, à Haveli Lakha avant de retourner à Lahore. Accompagnée de fixeurs ou de traducteurs locaux, j’ai rencontré de nombreuses familles grâce à leurs contacts. L’accueil a toujours été très chaleureux. Ils m’ont raconté leurs histoires, à chaque fois l’émotion était palpable, plusieurs d’entre eux n’avaient jamais partagé ces douloureuses étapes de leurs vies. Je me suis attachée à capter leurs regards lorsqu’ils me parlaient, en noir et blanc ou en couleurs selon ce qu’ils me donnaient à voir. Sur le trajet, j’ai aussi pris le temps de m’arrêter dans quelques-uns des villages vidés de leurs habitants lors des évènements, qu’ils soient musulmans, hindous ou sikhs. Des traces sont encore visibles. Des mosquées sont à l’abandon en Inde, tandis qu’au Pakistan, des gurdwaras, lieux de culte sikh, ou des temples hindous sont abandonnés et en ruines. Parfois, ces villages, désertés jadis par une communauté, sont aujourd’hui habités par une autre.

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